J'ai accepté l'invitation...

J'aurais dû m'abstenir. Installée autour de la table, je participais, en les écoutant, aux discussions banales ... Et le " taureau " est arrivé dans mon assiette !  Il n'a pas fallu longtemps pour que l'on me fasse monter au créneau, il a suffit d'un mot : " corrida " ... La maitresse de maison en était " dingue ", c'était son mot. Dingue des arènes bondées d'aficionados hurlant à la mort, dingue du matador dans son habit de lumière ...Et surtout dingue d'une mise à mort qui lui procurait un immense plaisir, si elle était réussie. Une mise à mort" ratée" ne l'intéressait pas du tout... J'ai cru m'étouffer, elle n'aurait pas dû me dire que tous les invités à qui elle préparait la gardiane se léchaient les babines. Je m'entends lui asséner que " c'était peut être des morts de faim , car après l 'avoir entendue, il fallait avoir faim pour se régaler " Elle avait bien compris que je n'aimais pas les corridas, mais elle a insisté sur l'ambiance, sur la bête qui de toute façon n'était qu'un boeuf qu'on élevait comme un roi, destiné à une fin honorable... Je passe les détails sur la sortie du taureau, qu'elle arrivait encore à apprécier...Provocante et cynique elle m'a même proposé d'assister à une corrida. Elle me prenait pour une imbécile. Je l'ai remerciée. J'ai repoussé mon assiette au centre de la table doucement et lui ai demandé d'où lui venait ce sadisme et ce goût pour la cruauté, qui lui permettait d'atteindre une jouissance probablement, rien qu'en racontant les faits... Elle a blémi et j'ai profité pour lui porter l'estocade ... Je sais, la bienséance en a pris un coup, mais tant pis ... Je lui ai demandé si elle n'avait pas besoin d'un autre genre de taureau bien couillu pour avoir de telles sensations, lesquelles se jouaient dans une autre arène, mais qu'elle n'emporterait ni l'oreille, ni la queue...Elle a préféré ne plus poursuivre la conversation et a présenté un autre plat qu'elle n'a pas commenté...Pourtant, il y avait encore de quoi se révolter...mais sachons raison garder !!! 
La soirée ne s'est pas prolongée, je pense que tous avaient assez de cet étalage en tout genre. Pauvre Tartarin ...Tu n'as pas que des lumières dans ta petite ville de Tarascon ... con.  

 

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JOSIANE

 

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Oeuvre Pablo Picasso