Il y avait au fond de ce puits des merveilles et de la mémoire. Des étendues de jeunesse sous l'ondoiement des prairies. Il y avait un violoncelle à l'étage, une jeune femme dans sa robe blanche qui jouait Bach un sourire dans les yeux. Il y avait de la mémoire tout au fond du puits et tout en haut de la lumière. Cette lueur était disponible et bienveillante à toutes les heures du jour. Nous avions traversé tant de nuages dans l'épaisseur rugueuse de la vie et toutes ces paroles qui jadis nous blessaient semblaient disparaître et s'envoler dans les cantates du vent. Il y avait cette lumière tout en haut et chacun de nous semblait la nommer de façon différente. Peu importe, cette lumière était bienveillante et nous aidait à parcourir les périples du corps : l'amour et tous ces possibles mais aussi la maladie entre les doigts de Saturne. Il y avait tout en haut de la lumière et nous pouvions accorder nos souffles au souffle de la vie. Nous étions dans ce puits depuis toujours entre l'eau et le ciel, nous étions entre profondeur et légèreté, et le vent des étoiles nous portait de bas en haut. Et s'il y avait un sens à la vie il était dans cette paix des éléments et le sentiment soudain d'être vivants. Il y avait cette lumière tout en haut ...

 

.

 

PATRICK CHEMIN

 

.

 

CHE