(Récit en rêve)

 

— J’entends tinter le seau en fer contre le puits. Tu rêves de transparence jusqu’au transvisible. Le tigre de l’œil carbonise l’Outrepassant. — Tout l’or de l’ouvert fond dans la voyance. — Ma parole caresse tes lèvres de ses yeux doux. Ses doigts les touchent, — les dessinent — et les entrouvrent. — Tes lèvres et leur énigme d’improbable.

 

Ma parole pose sa main sur ton visage et elle enfonce son majeur dans ta bouche, jusqu’au cœur de ta vision de rose et de corne. Or, l’éclat de tes dents dans la pénombre brille. — La blancheur de ton cou fait chavirer mes yeux. — Et dès lors, ton sexe de rosée, s’ouvre à la langue.

 

Puis ton long cou balance l’ovale de ton visage. — Tu bois à en mourir son lait d’extase. — Jusqu’aux conflagrations dans la contemplation. — Yeux ouverts. — Yeux fermés. Midi sonne ! Fulgurant. — Les cloches dans l’air cognent à toute volée, font vibrer l’espace et les corps. — Dans ton ventre ma parole franchit le mur du son.

 

De grâce ! dis-tu. — Mes forces me quittent... L’œil transfiguré éclate d’images nouvelles. Tête hors du temps. — Et renversée sur le côté. Cheveux épars, tirés. Mouillés. — Défaits. Mêlés. Tes lèvres irisées. — Consumées. — Refermées.
— Et, ton corps de marbre, — sphinx est devenu.

 

 

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SERGE VENTURINI

 

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Ceci est une fleur de rose...