lundi 9 juin 2014

TESTAMENT DE RAVACHOL...Extrait

Nous n’habitons nulle part nous ne brisons de nos mains rouges de ressentiment que des squelettes de vent nous tournoyons dans un désert d’images diffusées par les invisibles ingénieurs du monde de la séparation permanente retranchés dans les organismes planétaires planificateurs infatigables du spectacle nous ne sommes rien nous ne sommes qu’absence une brûlure qui ne cesse pas nous n’embrassons nulle bouche vraie nous parlons une langue de cendres nous touchons une réalité d’opérette nous n’avons jamais rendez-vous avec nous-mêmes... [Lire la suite]

lundi 9 juin 2014

LES MATINAUX...Extrait

Quand nos os eurent touché terre, Croulant à travers nos visages, Mon amour, rien ne fut fini. Un amour frai vint dans un cri Nous ranimer et nous reprendre. Et si la chaleur s’était tue, La chose qui continuait, Opposée à la vie mourante, A l’infini s’élaborait. Ce que nous avions vu flotter Bord à bord avec la douleur Etait là comme dans un nid, Et ses deux yeux nous unissaient Dans un naissant consentement. La mort n’avait pas grandi Malgré les laines ruisselantes, Et le bonheur pas commencé A l’écoute de nos présences ; L’herbe... [Lire la suite]
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lundi 9 juin 2014

TERRE DU TEMPS...Extrait

Souris, du moins par politesse, à la seule minute au monde qui te regarde. Trahis-toi sans dire mot en contrebande. N'éteins pas l'amour mais sa parole. Ne me donne rien de peur de t'intéresser. Offre-moi seulement ce que je prends. À te pencher tu retarderais ta marche. Ne me demande rien. Me voici qui ne suis que ce que je te restitue. Car si je projette ma silhouette devant moi c'est que je te tourne le dos, Soleil. Ne dialogue pas avec ton miroir. Sois tel que rien ne soit. Que ta présence consume ta figure. L'horloge... [Lire la suite]
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lundi 9 juin 2014

EN TRAVERSANT LE PAYS DES MORTS

En traversant le pays des morts en route vers Aden les terres d’Arthur Rimbaud. Je suce mes doigts à cause de la soif de la malaria, du cancer des os. Je songe à la Bretagne, aux femmes aux hautes coiffes. Je songe aux piroguiers du fleuve Zaïre. Je songe aux oiseaux bariolés d’Amazonie. Je songe au sexe chaud de l’indienne à la tombée de la nuit. Je songe à une espèce de poème déclamé par un fou de génie qui ferait taire les perroquets verts.   .    ANDRE LAUDE   .     ... [Lire la suite]
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lundi 9 juin 2014

IL ME FAIT ENTENDRE DES MOTS

Il me fait entendre ...Quand il me fait danserDes mots, qui ne sont pas comme tous les motsIl me prend d'au-dessous de mes brasIl me plante dans un des nuagesEt la pluie noire dans mes yeuxIl me prend avec lui...il me prendPour une soirée de bal roseEt moi comme une petite fille dans sa mainComme une plume prise dans les airsIl m'apporte sept lunesEt un bouquet de chansonsIl m'offre un soleil... Il m'offreUn été.... Et un escadron d'hirondellesIl m'informe que je suis son chef d'œuvreEt que je vaux des milliers d'étoilesEt que je suis... [Lire la suite]
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lundi 9 juin 2014

MA VIE S'ENVASTE

Je vous aime petites fleurs des champs piquées dans les poils d’herbe et vous aussi vaches à têtes carrées, grosses pâquerettes, broutant le pré qui touche au ciel, peignant un nuage avec votre queue.Je vous aime chenilles, escargots, paons du jour et vous aussi sales mouches.Je vous aime bourgeons sucrés, petites feuilles, petites flammes d’un vert pointu comme les yeux des chats et vous aussi grandes feuilles lisses comme des miroirs et vous encore feuilles tombées, maquillées, trouées comme des visages.Je vous aime amis fidèles et... [Lire la suite]
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lundi 9 juin 2014

L'HORLOGE

Rappelle-toi l'étéle vent des nuits,les avoines fantômessous la lourde luneinondant la rivière d'anis,Là-haut, dans le fenilles chuintements des effraies,là-bas, le choc mou d'une pommesur les feuilles mortesdu temps,et l'horloge impassibleordonnant le silencedes vivants et des morts. .   FREDERIC JACQUES TEMPLE   .     Oeuvre Julien Dupré