On attend...des réponses qui ne viennent pas, des nouvelles, un résultat, l'enfant, les cerises, la pluie, l'amour, la guérison. Et le temps passe...Le présent. Derrière lui, l'enfant le tire déjà dans un chariot en bois, accroché à une ficelle, éclatant de rire.  Lourd ou sans nuage et tourné vers le futur, le passé s'allonge. Plus tard, on attend encore, l'avenir que l'on doit se construire: l'étudiant l'apprendra à ses dépens, en abandonnant peu à peu sa merveilleuse insouciance. Hier s'installe, c'est déjà demain. On est abreuvé de paroles sirupeuses, on est roué de coups, on s'enchaine pour retenir le moment, sur un quai de gare, on s'accroche, on décroche et, fatalement, on fabrique le passé. Il se fait la part belle sur notre "passage". Il est là, partout: dans la memoire, sur une photo, sous une pierre tombale. Encore plus tard, on le traine douloureusement, le chariot de l'enfance s'est transformé en une énorme charge et le rire est devenu rictus. Il a pris le pas sur la vie, les traces indélébiles et les couleurs ont fâné... Jusqu'à la fin le passé s'enrichit,  et au-delà... Il est encore plus vivace...

 

 

JOSIANE

 

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TEMPS2