Être un homme et ne pas le savoir ; être vivant et toujours en douter ; être mort et encore dans le couloir de la lumière. Je décèle au-delà de mon souffle, la rossée qui déroute mes envies. Je m’éteins devant le miroir chaotique d’une balance mécanique sans jamais avoir le goût de rompre. La nuit tombée, je redécouvre l’esprit bancal qui flotte dans un noyau de plumes. Mon radeau enchaîne les cascades qui torpillent le calme apparent. Le plaisir des sens est tantôt une ivresse, tantôt une frustration de pardons réflexifs et de contritions. Mes bougies se consument lentement dans un champ d’épreuves, dans le feu clair de l’être.  

 Ecartelé entre la vie et la mort, je connais l’alchimie des imperfections qui troublent mes failles. Tout ce que je suis incapable de traduire me laisse dans un non choix. Le vide est une respiration que je n’ai jamais quittée. J’appartiens aux mystères qui donnent vie à une prépondérance inaltérable aux secrets de la matière dont je suis un minuscule maillon.  

 

Les mots maltraitent toujours l’incompréhension de ce que je suis. L’écriture se déploie comme une sève profonde rejoint la surface du tronc avant de glisser sur les chemins striés de l’écorce où le corps avance dans l’esprit. Tandis que s’élève une richesse impalpable, la sécheresse qui me tient lieu de refuge tue les fauves fantômes qui peuplent les chemins de broussaille. L’amour qui me brûle et me consume ne connaît pas les cendres froides. Dans le matin, dans le présent, le corps ému, la vie avance et je la suis à petits pas. Je cherche les pistes brisées sous le regard des dunes, là où le vent reconstitue de nouvelles parures. Je suis un buvard pour le café du jour, un filtre pour la folie qui me saisit.

 

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BRUNO ODILE

 

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JAAMATI MOHAMED ,,

Oeuvre Jaamati Mohamed