Le temps pour l’aube d’être aubépine et solitaire Le temps d’une aile d’hirondelle. Le temps pour l’air de se ployer. L’espace écarte ses deux rives, range son lit de souffles lisses, se maintient droit ;le temps pour l’herbe de faire place sans s’agiter. Le temps pour l’aubépine d’étendre ses dix bras. Vite fait, le ciel aide. Le temps des pavillons de toutes les couleurs. Le temps d’un rayon plus frais qui perle goutte à goutte Le temps de l’hirondelle de couler. Le temps d’être libre ; le temps d’être l’aube. Le temps d’être l’âme. Le temps pour l’âme d’étendre ses mille bras. Le temps d’être sauvage, d’être fait de rosée, de se croiser des bras vaillants, humides. Le temps d’être au monde pour aimer, le temps d’aimer pour être au monde ; le temps pour l’hirondelle de revenir. Le temps d’une herbe qui reprend calme. Le temps qui va du souvenir à l’avenir. Le temps sans rien que lui-même. « Le temps sans rien que lui-même, une hirondelle peut le porter »
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ARMAND ROBIN
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THAMI EL HANI2

Oeuvre Thami el Hani