Le silence s’efface lentement sur la terre où nous passons. Il reste l’indulgence et la compassion des forêts. Il reste un arbre tout en haut de cette colline de pardon. Et si nous prions, c’est pour des dieux de terre mais la prière est précaire. Il nous reste l’imaginaire des anges. Cet amour végétal, au plus profond de nous-mêmes, qui pose sa tête sur l’épaule des solitudes. Le silence magnifie les branches et le texte de l’écorce. C’est ta vie que tu versifies dans la pluie traversière. Tu te dois de lui donner la musique la plus belle et l’espace pour s’envoler. Car nous sommes des oiseaux dans la lenteur verticale de l’existence. Et puis tu le sais bien, le temps ne se retient pas. Même dans la cathédrale de l’instant présent, le vitrail pressent dans sa lumière le passage de l’aube et la dignité du crépuscule.

 

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© PATRICK CHEMIN

(2012)

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GILBERT,

Photographie

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