Qu’il y ait des aubes sous nos étoffes
que ces étoffes soient notre peau
que cette peau soit ce qui nous sépare de nous-mêmes
son inépuisable geste

qu’il y ait sous notre peau le voile de cendre
le jour
la nuit
qui muent sans nous

et que la douleur soit si violemment nue

ce que nous essayons en vain d’attraper
c’est l’ignorance même de l’épure
la voix presque absente
la forme de voix

je suis ce que je tiens de moi
ma salive
mon pas
l’étage de ma bouche

et pour voir
ces deux yeux
que je ne vois pas
voici que les couleurs s’avivent
au-dessus de notre sommeil
l’air et le temps sont sans parole
seuls

au plus profond de nous
chante une porte ouverte

 

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 PIERRE VAVASSEUR

 

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porteouverte2