En dernier lieu
en dernière instance
quand les bouchers rigolards
égorgent à 100 contre un
et foutent le tout
à la broyeuse
une vieille,
très vieille histoire de visages
et de crânes
refait surface
Une histoire brève
et même un tantinet brutale
dont la concision
donne vraiment
pour une fois
À RÊVER

Au hachoir industriel
à l’abattoir consacré
du loup parmi les hommes,
à une certaine profondeur
plus basse que les nécropoles putains
un morceau dur enraye les tranchoirs
Subitement, ça ne passe plus
Il y a "un os" comme on dit
Mais on a beau vider
purger, tamiser,
l’hélice aiguisée
les lames en rut
moulinent dans le vide
et se détraquent

Si l’on pouvait regarder
à la loupe ce cosmos d’horreur éternelle
on verrait là un détachement de figures
éjectées d’une quinte d’abîme
Fantômes d’un soleil insupportable
missionnés par une tempête
non de justice
mais de trou noir
rassemblant son œil,
quelques transparents
à la manœuvre
comme malgré eux
ne sachant plus même
où tourner où calmer
leur crâne de désastre
rasant d’un regard
cette pâture d’enfer
recalée des bouillons
les plus noires

Ce quatuor,
peut-être ce quintette
de pauvres élus
leur modèle de spectre
avaient bien des yeux
au commencement
des patrouilles damnées
mais l’enfer lui-même
pris à la gorge, subjugué
et pour tout dire, révolté
par une abjection rebelle
à tout châtiment
a cru bon hisser à l’endroit
des yeux séparés
la meurtrière flambante
des cœurs parfaitement crevés
Plus de regard donc mais
un perpétuel lance-flammes cyclopéen
un rayon d’apocalypse
sectionné à sa base

C’est la dernière heure
pour ceux qui croyaient
fuir en enfer
comme d’autres
au Paraguay

 

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NICOLAS ROZIER

 

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NICOLAS ROZIER 33,

Oeuvre Nicolas Rozier

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