vendredi 23 octobre 2015

AGNES SCHNELL...Extrait

J’habite l’absence ce creux intransigeant qui sans cesse change et charge ma voix et l’obstrue. Je porte en moi les lieux de toute enfance chemins ombreux / profanés d’une forêt attentive. Je porte toutes les eaux prête à dénouer leurs flots pour me serrer pour m’enserrer. Je garde un bout de ciel entre l’écorce et les veines pour contrer la gravité l’inquiétude ces lambeaux incommodes hérités d’ancêtres inconscients.   .   AGNES SCHNELL   .      
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vendredi 23 octobre 2015

LE REPAS DES GRAND-MERES

Dans l'épaisse chaleur Des petites cuisines Qu'un pauvre lustre à fleur Chaque jour illumine D'un éclat tamisé Echaudant les paupières Pour parfois nous griser D'une étrange manière;   Entre un panier de fruits Issu des poteries, Les champêtres récits De la tapisserie Nous parlant de gibiers De chasseurs et de crosses La fenêtre et l'évier Où on lavait les gosses;   Aux tomettes en sang Sous les plis de l'éponge Et sur les bords cassants D'une table à rallonge, A deux pas du frigo Et de la gazinière ... [Lire la suite]
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vendredi 23 octobre 2015

EBAUCHE

Merci Agnès... . La nuit à peine repliéeune note / bassegriffe le silenceune lente mécaniquese dégagede la rouillure de la frilosité du limonun bourgeon de chantessaimedes voix palpitentréveillent les chairspénètrent la couleurbientôt des tentativess'échappent fusent de partout elles modulent des rouladesdes redondances telle une crue qu'on ne retient pasdans la gorge rien qu'un chantmiel sauvagefruit acidesous la ganguesables mouvantset fièvres avant la lassitudebalbutiantesous l'écorce durciel'amourjusqu'à l'absurde... [Lire la suite]
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mercredi 21 octobre 2015

LA POESIE DE PATRICK ASPE

Warao ma rivière danse la Dordogne derniers indiens introuvables .la rivièreje tombe sous le charmeles charmescharme - charme encoreWaraopêcheurs de l’histoire des hommesles indiens Waraodu delta de l’Orénoque au Venezuela voyagent et vont – vont - sur sur sur de longues pirogues roguer roguant au pirogues dans les méandres du fleuveIls vont vont viennent et reviennentfines - fines si fines embarcations pour se faufiler dans les étroits bras des rivières qui se donnent au fleuve roimaitre des pirogueschantechante la rivière chante... [Lire la suite]
mardi 20 octobre 2015

RENE CHAR

“ Toute poésie doit naître libre et un peu folle, tendre et rebelle aux mains qui la mettent au monde ; elle doit ignorer la course du bien et la ronde du mal ; c’est pour cela et sans ce souci qu’elle est humaine. Arbre nocturne, elle pousse au centre du jour. Elle sert à nos métamorphoses parce qu’elle dit vrai ou le croit. Et tous les opprimés sentent et savent qu’elle est leur sœur, et le frais talus de leur chemin. ”   .   RENE CHAR   .      
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lundi 19 octobre 2015

TESTAMENT

La poésie doit dire quelque chose. Dire quoi ? Le malheur cueilli par Dieu dès l’enfance ? Le voile blanc d’une aube désertant la mémoire ? Une silhouette rivale et une ombre muette ? L’expérience de la compassion, autre énigme de la bonté ? Que me veut la poésie ? Me racheter ? Rencontrer Dieu chez mes ennemis Paradoxe…Dieu est l’ennemi. Absent, laid, haineux, Dieu est la foudre de l’âme Il la traverse de haut en bas comme les longs arbres Dont les racines s’immergent dans les marais Dans la voix du poème, Le vers sortent... [Lire la suite]

lundi 19 octobre 2015

PIER MAYER DANTEC

Quel que soit leur âge ou leur visage, les hommes sont beaux, quand leur âme n'est pas noire et que leur esprit n'est pas celui d'un reptile, d'un chacal ou d'une hyène. Le reste, c'est une question de degrés, de nuances, ou de types de beauté, même si, entraîné à certain esthétisme par une civilisation qui la met en valeur jusqu'à la folie, notre œil a toujours plus d'agrément autour de l'apollinien. Mais qui sait encore voir le beau dans l'étrange et le fantastique, qui sait encore voir la lueur chez le vagabond chu du ciel ? Qui... [Lire la suite]
lundi 19 octobre 2015

POEME A MA GRAND-MERE TASSADIT

Visage endormi sur un siècle de fractures gravé dans ma mémoire en éveil me voilà dans les affres mon cœur a atteint son paroxysme une voix gorgée d'amour s'est tue quand ma main a caressé l'ancêtre au féminin le courage s'est évanoui et ma sève refroidie l'aède enveloppait ma présence au sol s'est agenouillée ma sagesse mon unique conteuse est morte et sa raison gesticule encore la terre assoiffée prie la source éteinte que m'apporte la sécheresse des yeux fermés à jamais s'est étouffé le souffle de ma centenaire je porte la clé... [Lire la suite]
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lundi 19 octobre 2015

UN TEMPS POUR AIMER

Avec une conjonction de coordination je te réjouis te punis t'engloutis Avec un verbe au futur antérieur je te retourne le coeur du côté du bonheur Avec un rossignol andalou je t'enivre d'un chant mystique saturé d'étoiles Avec quelques adjectifs je te charme je t'embrasse je t'allume Avec une métaphore je nous transforme au présent de l'indicatif.   .   ANDRE CHENET In "L'éclosion du feu"   .      
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lundi 19 octobre 2015

VIVRE A LA HACHE XCVI

En dernier lieu en dernière instance quand les bouchers rigolards égorgent à 100 contre un et foutent le tout à la broyeuse une vieille, très vieille histoire de visages et de crânes refait surface Une histoire brève et même un tantinet brutale dont la concision donne vraiment pour une fois À RÊVER Au hachoir industriel à l’abattoir consacré du loup parmi les hommes, à une certaine profondeur plus basse que les nécropoles putains un morceau dur enraye les tranchoirs Subitement, ça ne passe plus Il y a "un os" comme on dit Mais on a... [Lire la suite]
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