Oh ! Mon bel enfant, libre et prisonnier,
Prisonnier des contraintes que s'imposent les hommes
Et libre de les transcender.
N'aie jamais peur du vide,
Car c'est le vide qui t'a enfanté.
Accroche-toi aux parois lisses et dures de la vie,
Accroche tes ongles aux moindres interstices,
A la moindre anfractuosité du roc.
Ouvre large tes oreilles à l'appel du vent,
A la musique du silence,
Ouvre tes narines aux odeurs fortes et subtiles des parfums de la terre,
De la sueur, de la peau, de tout ce qui vit,
Qui exhale, qui respire.
Pour que lorsque t'arrivera le pire,
Tu puisse en tirer le meilleur,
Ouvre tes bras à la détresse humaine,
Car ta propre détresse peut en être le ferment,
Ouvre ton cœur à la beauté secrète, sourde, muette et muette,
Parce que rare est celui qui la voit,
Parce que rare est celui qui l'entend.
Garde ton âme ouverte comme une source offerte,
A la soif du mendiant, de l'errant, du poète, du chercheur, de l'enfant.
Et ton regard innocent et ton esprit honnête,
Garde-les toute la vie, car la simplicité est la marque des grands.

 

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JACQUES HIGELIN

 

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