Nous les murmurants nous sommes murmures
murmures de notre sang mêlé et qui tressaille
abandon au fleuve des jours et leurs fils de laine douce
et puis cette sensation d’être seuls et vivants
entre nous


La mort sommeille à nos côtés
et nous ne la réveillons pas
nous murmurons
trop à faire
à épeler tous nos noms
et les répandre en poudre magique autour de nous
bivouaquer avec l’amour sorti du sac
rosées des longues nuits
ce qui était vain est devenu pain
la voix rauque écharpe de soie
murmures du front bas des cieux faisant escorte et sentinelle
les mains se nouent
paix sur nous
les choses inutiles sont versées
nous les regardons flotter comme papillons perdus
au temps ôté, au temps compté


Les murmures de tous les enfants qui sont en nous
bercent jusqu’aux nuages
apaisent nos tremblements
bientôt nous serons nous aussi murmures
nous les murmurants
si imbriqués qu’un seul souffle
passera à la surface de la terre
face aux grands vents se cachant
pour nous laisser place
urgence supérieure de notre paix
l’herbe pousse tendrement entre nous
nous murmurons
et le monde résonne

 

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GIL PRESSNITZER

 

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Hilal Karahan,

Oeuvre Hilal Karahan