mardi 19 janvier 2016

BENIS SOIENT LES MORTS

(…) Amer sous notre langue le goût de la parolede l’appel et du baiser de la femmeNos cœurs se rétractentcomme une poignée d’air dans la mainJusqu’à quand :Rouillés, mornes, broyés par les questions ?Anges ?- Nous ne sommes pas des angesNous n’avons pas d’aileset le bleu n’est pas notre couleur(…) Renards ?- Où est le champ librela volupté de la traqueet l’assurance du retour à la grotte de la nuit ?Tyrans ?- Nous n’avons tué que nous-mêmesnos jourset l’âme décrépite de nos enfants en proie au désespoirHumains ?- Mais nous ne... [Lire la suite]

mardi 19 janvier 2016

OÏKOUMENE...Extrait

Prenez la terre et ce qu’il y a dessus et laissez-nous le nuage… prenez les cieux et ce qu’il y a dessous et laissez-nous le babil de l’oiseau prenez le fruit et la branche et la rumeur verte dans la feuille de la vie et laissez-nous l’ombre de l’arbre prenez la maison le jardin la clôture les chandeliers de l’autel et le licol de l’âne le rire du ruisseau et la chambre à coucher de la chèvre prenez toutes choses et toutes choses et laissez-nous la porte de l’étable afin que nous y collions l’acte de décès de nos morts   . ... [Lire la suite]
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mardi 19 janvier 2016

DANS L'ODEUR DU FIGUIER...Extrait

Assise sur le pas de la porte Tu te retrouves chez toi dans l'odeur du figuier . L'enfance avec ses grillons Le temps sa démesure . Au fil des jours tu as suivi un raccourci Dont le muret borde des gouffres . Aujourd'hui ici même l'ombre Garde toute sa légèreté . . . . . MIREILLE FARGIER-CARUSO . . . . . Oeuvre P. Javy
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mardi 19 janvier 2016

LAISSES DE MER

À toi . Il faudra alors se satisfaire de l’extrême lenteur des jours du parfum affadi des journées sans lumière des coquillages vides sur les laisses de mer du craquèlement des pas dans les pas de l’absent du ricanement persistant des mouettes rieuses des plumes abandonnées dans les recreux de dunes des filins emmêlés dans les lagons d'oyats Il faudra alors oublier la lueur du regard et laisser au sourire le temps de s’estomper de n’être plus qu’une ombre au coin de ta paupière à peine un battement imperceptible des cils la... [Lire la suite]
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lundi 18 janvier 2016

ANDRE FRENAUD

Je l'ai proférée en pierres sèches, ma maison, pour que les petits chats y naissent dans ma maison, pour que les souris s'y plaisent dans ma maison. Pour que les pigeons s'y glissent, pour que la mi-heure y mitonne, quand de gros soleils y clignent dans les réduits. Pour que les enfants y jouent avec personne, c'est-à-dire avec le vent chaud, les marronniers. C'est pour cela qu'il n'y a pas de toit sur ma maison, ni de toi ni de moi dans ma maison, ni de captifs, ni de maîtres, ni de raisons, ni de statues, ni de paupières, ni la... [Lire la suite]
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lundi 18 janvier 2016

LA FLAMME D'UNE CHANDELLE...Extrait

La poésie est un émerveillement, très exactement au niveau de la parole, dans la parole, par la parole. Le problème du poète est donc d’exprimer du réel avec de l’irréel. Il vit, comme nous l’indiquions dans notre avant-propos, dans le clair-obscur de son être, tour à tour apportant au réel une lueur ou une pénombre et chaque fois donnant à son expression une nuance inattendue ... Et quand la sur-flamme reprenait existence, vois, mon enfant, me disait la grand-mère, ce sont les oiseaux du feu. Alors, moi-même rêvant toujours plus... [Lire la suite]

lundi 18 janvier 2016

L'INCONFIANCE...Extrait

Elle sait les manques, les chemins à rebrousse jeunesse, les miroirs perfides, les carrefours, l’embuscade des sillons, tous les fléchissements. Elle sait les traîtrises d’automne, la lumière crue, la lumière nue qui appelle le corps par son âge. Elle sait l’inconfiance malgré la violence des désirs. Alors, elle voile la chute, protège l’intime, cherche la distance. Elle masque la peur, marche et sait qu’elle ne court plus. La cruauté naturelle ne laisse aucun doute, la route est plus courte. Pourtant, elle y boit toujours le soleil... [Lire la suite]
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lundi 18 janvier 2016

FEUILLE D'OMBRE D'HARODIOS DE CYRENE...Extrait

Apprends à connaître le figuierqui croît près de ton puits.Contemple et enchante-toidu carré de mentheque ton jardin protège. Ecoutele chant mince de la source.Le monde seratout entier dans la paumede ta mainet toi respirant son souffle.   .CLAUDE MICHEL CLUNY   .    
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lundi 18 janvier 2016

NUIT

J’évite encore la mort en écrivant un poème Alain Borne .   Gravées dans le béton ou sur l’écorce les traces résistent.   La nuit est venue tôt sur le ciel trop bas. L’eau gronde près des arbres hauts. L’odeur des fruits migre lentement vers une autre saison. On pense aux sources qui naissent et s’éloignent sans nous apaiser.   On reprend le livre usé le dialogue avec le poète mort depuis des ans.   Son chant            ses mots tissent... [Lire la suite]
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dimanche 17 janvier 2016

COMME SI

Poids de terre ou de mousse à soulever à refuser Pourvu que l’on garde entrouverte la porte et cette vibration partagée que l’on n’ose nommer. Pourvu que l’on frappe à poings serrés à poings noués pourvu que l’on soit. Miel amer. Abords du fleuve        éboulés duvets de pollen posés sur le temps et cette nuit qui pèse  silences ou rumeurs peu importe, il faut faire comme si… Pourvu que la porte soit entrouverte et que les vents se pressent pour balayer      ... [Lire la suite]