Quand tu ne dis mot,
quand tu décides de m'offrir Paris
et d'acheter la tour Eiffel pour étendre mon linge,
si jamais tu me déshabilles et qu'il ne pleut pas.
Quand tu insistes
pour broder les Ménines de Picasso
sur tous les draps de Washington,
pour aller à Rome comme qui cherche un cirque,
comme qui touche terre après de longues années
et goûte consciencieusement le bonheur et l'ivresse.
Quand tu me parles d'amour
ou quand tu cries au diable la lumière et les montres,
qu'il fait nuit et que tu n'as pas l'intention de te lever,
alors
je dis que tu es folle, et tu me réponds
en récitant Pétrarque de mémoire.

 

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LUIS GARCIA MONTERO

Traduction Claude de Frayssinet

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TOUR EIFFEL2