Merci à Sylvie

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 Toujours les choses se dérobent et laissent
 le regard errer sur cette nappe de clarté
 dont la douceur n’est que l’approche de la pierre
 pour de violentes noces imparfaites.
 Et l’entaille demain à la mesure du corps entier,
 de quel cri s’éveillera le chemin ?
 Sous les paupières d’amande glisse le fruit des larmes évaporées,
 dur sommeil, long soleil de la besace des pauvres.

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 La parole chargée de guérir a dressé cette ruine
 de quelques chardons bleus, de poussière et de vent ;  
 ce chemin où la mort, empoignée par tant de mots,
 comme un figuier portant ses fruits dans un vieux mur  
 et l’embellie de lierre sur la porte fanée,  
 se referme sur le devenir joyeux,  
 le lointain, très lointain murmure :
 d’un pin amoureux

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PIERRE-ALBERT JOURDAN

Editions Mercure de France

http://www.recoursaupoeme.fr/essais/le-jardin-suspendu-de-pierre-albert-jourdan/sylvie-besson

 

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lierre porte