mercredi 1 juin 2016

JOURNAL D'UN MARIN...Extrait

"Ce n'est pas encore l'aube dans la maisonLa nostalgie est couchée à mes côtés.Elle dort, elle reprend des forces,Ca fatigue beaucoup la compagnieD'un nègre rebelle et romantique.Elle a quinze ans, ou mille ans,Ou elle vient seulement de naîtreEt c'est son premier sommeilSous le même toit que mon cœur.Depuis quinze ans ou depuis des sièclesJe me lève sans pouvoir parlerLa langue de mon peuple,Sans le bonjour de ses dieux païensSans le goût de son pain de maniocSans l'odeur du café du petit matin.Je me réveille loin de mes racines,Loin... [Lire la suite]
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mercredi 1 juin 2016

EXIL

Les mains plus nues qu'à ma naissance et la lèvre plus libre, l'oreille à ces coraux où gît la plainte d'un autre âge, Me voici restitué à ma rive natale… Il n'est d'histoire que de l'âme, il n'est d'aisance que de l'âme. Avec l'achaine, l'anophèle, avec les chaumes et les sables, avec les choses les plus frêles, avec les choses les plus vaines, la simple chose, la simple chose d'être là, dans l'écoulement du jour… Sur des squelettes d'oiseaux nains s'en va l'enfance de ce jour, en vêtement des îles, et plus légère que l'enfance sur... [Lire la suite]
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mercredi 1 juin 2016

JE T'ATTENDS

je t'attends aux grilles des routes aux croisées du vent du sommeil je crie ton nom au fond des soutes des marécages sans oiseaux du fond de ce désert de fonte où je pose un à un mes pas j'attends la source de tes bras de tes cheveux de ton haleine tu es terrible tu m'enchaînes tu me dévastes tu me fais je t'attends comme la forêt inextricable enchevêtrée tissée de renards et de geais mais que le matin fait chanter.   .   LUC BERIMONT   .  
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mercredi 1 juin 2016

JULES SUPERVIELLE...Extrait

Saisir quand tout me quitte,Et avec quelles mainsSaisir cette pensée,Et avec quelles mainsSaisir enfin le jourPar la peau de son cou,Le tenir remuantComme un lièvre vivant ?Viens, sommeil, aide-moi,Tu saisiras pour moiCe que je n’ai pu prendreSommeil aux mains plus grandes. .   JULES SUPERVIELLE   .   Oeuvre Tchoba http://www.tchoba.com  
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mercredi 1 juin 2016

C'EST UN AMOUR

Ce n'est pas un amour qui se dit, c'est un amour qui se contente d'être, à l'abri des regards, des espoirs, c'est un amour qui a la force de la pierre et qui est gracile comme les ailes d'un rêve, c'est un amour que jamais mes lèvres n'énonceront, qui restera scellé en moi, qui vivra en moi en dépit de moi, je n'y peux rien, c'est un amour qui me fait croire que Dieu existe et que je suis ta créature, c'est un amour qui est bleu comme les jeux de mes enfants ou comme les vagabondages du crépuscule, c'est un... [Lire la suite]
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mercredi 1 juin 2016

LES INTERROGATIONS DE STAGGER LEE...Extrait

Enfants de la cupidité, héritiers du pillage, ils touchent à la fin de leur voyage . c’est surprenant qu’ils y touchent sans s’étonner, comme s’ils étaient eux-mêmes devenus cette terre brûlée et profanée, le buffle abattu, les tribus massacrées, à l’infini la plaine vierge gorgée de sang, la famine, le silence, le regard des enfants, le meurtre maquillé en délivrance, aguichant l’oeil démocratique, et bouches de la vérité et de l’angoisse bâillonnée l’ivresse du viol dans le parfum du magnolia, le fruit de leurs entrailles haché... [Lire la suite]