mercredi 10 août 2016

SONNET

J’aime, de la nuit, le prélude lorsque vous venez, Main dans la main et me prenez lentement, strophe après strophe, dans vos bras. Vous m’emporterez, tout là-haut, sur vos ailes. Amis, restez, ne vous hâtez pas Et dormez contre mes flancs pareils aux ailes d’une hirondelle fatiguée. Votre soie est chaude. A la flûte d’attendre un peu Pour polir un sonnet lorsque vous me trouverez secret et beau Comme un sens sur le point de se dénuder. Ne parvenant à arriver Ni à s’attarder devant les mots, il me choisit pour seuil. J’aime, de la... [Lire la suite]

mercredi 10 août 2016

ARTHUR RIMBAUD A PAUL DEMENY - " JE EST UN AUTRE "

« Car Je est un autre. Si le cuivre s’éveille clairon, il n’y a rien de sa faute. Cela m’est évident : j’assiste à l’éclosion de ma pensée : je la regarde, je l’écoute : je lance un coup d’archet : la symphonie fait son remuement dans les profondeurs, ou vient d’un bond sur la scène. Si les vieux imbéciles n’avaient pas trouvé du Moi que la signification fausse, nous n’aurions pas à balayer ces millions de squelettes qui, depuis un temps infini, ! ont accumulé les produits de leur intelligence borgnesse, en s’en clamant les auteurs !... [Lire la suite]
mercredi 10 août 2016

VI LAVANDAS SUMERGIDAS

Ví lavandas sumergidas en un cuenco de llanto y la visión ardió en mí. Más allá de la lluvia ví serpientes enfermas -bellas en sus úlceras transparentes-, frutos amenazados por espinas y sombras, hierbas excitadas por el rocío. Ví un ruiseñor agonizante y su garganta llena de luz. Estoy soñando la existencia y es un jardín torturado. Ante mí pasan madres encanecidas en el vértigo. Mi pensamiento es anterior a la eternidad pero no hay eternidad. He gastado mi juventud ante una tumba vacía, me he extenuado en preguntas que aún percuten... [Lire la suite]