Heure bénie parmi les heures, celle où la clameur du
            large consent au silence son royaume,
        Celle où l'enfant cède à contrecœur au fil du sommeil, 
        Où l'on n'entend plus qu'un grillon solitaire et le
            grincement indécis d'une persienne mi-close.
 
        Dans le bassin de marbre blanc, l'eau retrouve son
           calme et plus rien n'effraie les créatures du fond.
 
        C'est l'heure de toutes les solitudes!
 
        Celles conquises de haute lutte dans la verdure
inattendue d'un pays de soif,
        Celles qu'on enfouit telle gemme improbable dans
            la blessure encore vive d'une chair immémoriale,
        Et celles qu'on croyait à jamais perdues et qu'on retrouve
            soudain au beau milieu d'une foule qui gronde.
 
         Ô grandes solitudes de ces temps d'une autre race!
      
         Ce fut un cri.
         Un seul et unique cri sorti du cœur d'un olivier millénaire,
             remportant dans l'onde de son souffle inédit tout un
             ordre de choses finies.
 
         Oui, grande fut la méprise
         Et immense sera le tribut.
 
        Combien de temps, encore, l'outrage?
        Combien de fois, encore, faudra-t-il mourir?
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MOËZ MAJED
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