Odeurs de massacre dans les myrtilles écrasées

Écume de batailles

Partout

La meute attaque et gesticule

 

L'air est plein de carcans

Bruits de sang, nuages de cendres

L'homme dans sa tanière ne respire plus que le feu

La peur, la haine, sont à l'affût,

tapies dans nos affiches,

nos pirouettes radiophoniques,

télégéniques,

eugéniques

Tumulte et férocité

 

Comment pourrions-nous, comment

transformer l'effroi en espace,

les chaînes en envol ?

 

Quelle place pour la parole qui délivre,

les mots papillons,

les mots de brise fraîche

Quel oxygène

dans les égouts du siècle ?

 

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COLETTE GIBELIN

 

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robert faure,

Oeuvre Robert Faure