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Je te porte en moi, Grenade, ma blessure.
Je t’investis de mémoire et de songe
Quand luit, sous le feuillage des paupières,
Ta lente parabole.
Je te confère une évidence de pierre
Dans la profuse exaltation des myrtes,
Et tes créneaux lacèrent une légende
Où vont rêvant d’indicibles sultanes
Je te porte en moi, ma blessure, Grenade
Couronné d’ombre et de fontaines,
J’écoute Dieu s’épandre
Dans l’or obscur des arabesques
Tandis qu’un pas envoûte l’Albaïcin
Entre des fronts de neige dure
Et monte aux grottes où saignent les guitares,
Pour que le rouge soir ressemble à ton visage,
Federico
Et je souffre de toi, Grenade, ma blessure.
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CARLO MASONI
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CATHERINE ROSSI

Oeuvre Catherine Rossi