La vie se bat pour exister pendant que le réel cogne. Parfois jusqu’à se rompre. Alors ce tissu et la trame qu’il en reste, aussi mince soit-elle, il faut l’aimer, la caresser et chaque jour la consolider, lui rendre ses couleurs et quelque chose de sa beauté d’origine. Celle du petit matin, maladroite et irrésolue mais qui s’élance pour que rien ne blesse. Je veux garder cette capacité à me décoller du réel pour sentir à quel point la vie me manque et mieux y revenir. J’écris et j’entends la pluie à nouveau, l’automne va bientôt craquer sous les pas, le sol se recouvrir de couleurs douces et fauves. Comme chaque année je serai ravie par la beauté des feuillages, l’odeur de terre et d’humus, la déclinaison parfaite des couleurs et saisie par la sensation elle-même, de première fois qui persiste. A l’usure, à la succession régulière des saisons, des amours, du quotidien. Parce-que le chant des oiseaux résiste à tout. Aux chagrins les plus fous comme aux disparitions les plus immenses.

 

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CELINE RENOUX

 

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francis picabia

Oeuvre Francis Picabia