Silence, où mènes-tu
Ton cristal imprégné
De rires, de paroles
Et des sanglots de l'arbre ?
Comment effaces-tu
La rosée des chansons
Et les taches sonores
Que les lointaines vagues
Laissent sur la blancheur
Sereine de ton voile ?
Qui ferme tes blessures
Lorsque dans les campagnes
Une vieille noria
Plante sa flèche lente
Dans ton cristal immense ?
Où vas-tu si, le soir,
Te blesse l'angélus,
Si troublent ton repos
Des essaims de chansons
Et la rumeur dorée
Qui tombe sur les monts
Bleutés en sanglotant ?

 

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FEDERICO GARCIA LORCA

 

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ELEGIE