Je vampirise le bleu de l'azur, il coule dans mes veines telle une drogue douce . Mes rêves de petite fille étaient bleus . Ma grand mère me les souhaitait de cette couleur juste avant de fermer la porte de ma chambre , et ma nuit était sereine. C'est sans doute elle qui a nourri ce goût pour le bleu qui ne m'a jamais quitté . Tout au long de ma vie, parmi toutes les nuances ,il fut ma référence , le bon ton . Entre un ciel d'hiver froid, bleu dur et celui d'un été torride, plus pâle , je n'ai jamais eu à choisir, ils me convenaient tous les deux  . Ce n'est pas pour autant que j'ai vécu dans une atmosphère ouatée, mais chaque fois qu'un bleu apparaissait sous n'importe quelle forme , il m'équilibrait . Ignorant involontairement les verts, les rouges, les jaunes , je me privais d'une palette admirable .   
                                                             Je me souviens avoir hérité d'une aigue-marine dans ma jeunesse, elle me fascinait . Cette bague au doigt m'assurait dans tous les domaines et je ne craignais plus de lever la main pour parler . Un pouvoir magique dû à cette transparence à peine bleutée qui traversait les facettes de la pierre claire, faisait disparaître mes craintes.  Je l'ai perdue et les doutes sont revenus.
                                                             Des années ont passé et lorsque je retrouve la mer miroir d'un ciel pur , entre le sable beige et doré  de Marseille , je ferme les yeux et, sous mes paupières closes, le souhait de mon aïeule se réalise encore. Si mon rêve se trouble de gris , une trouée de bleu vient l'irradier et efface le blues qui venait le troubler.

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JOSIANE

 

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Oeuvre Sylvie de Martignac

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