Tu disais des choses faciles
Travailleuse du matin
La forêt poussait dans ta voix
Des arbres si profonds que le cœur s’y déchire
Et connait le poids du chant
La tiédeur d’une clairière
Pour l’homme droit qui revendique
Un mot de paix
Un mot à notre dimension
Tu tirais de sa solitude
Le rôdeur qui te suit tout pétri de son ombre
Celui qui voudrait écrire comme tu vois
Comme tu tisses comme tu chantes
Apporter aux autres le blé
Le lait de chèvre la semoule,
Et si dru dans le cœur et si fort dans le sang
La bonté de chacun
Le charme impétueux des hommes solidaires
Parle Ô tranquille fleur tisseuse des promesses
prélude au sûr éveil de l’orge
Dis que bientôt l’acier refusera la gorge
Bientôt le douar entamera la nuit.
Tu m’apprends à penser
A vivre comme tu es
Matinale arrachée à l’obscure demeure.

 

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JEAN SENAC

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etienne dinet

Oeuvre Etienne Dinet