Je me suis habitué à cette terreur lente,
À la défaite acceptée, au profit de la mort.
Dans ma voix se dessinent des îles,
Mais les amis ne savent pas que je converse avec les morts.
Heureux d'une journée, d'une rencontre au bord des routes
Avec le cantonnier, ou, appuyé sur un bâton,
Avec quelqu'un qui est déjà plus qu'un berger...
La chair a une odeur de soufre.
Mon poids s'est augmenté de ma fatigue et de sagesse.
Il y a des portes dans les aires naufragés
Et nous marchons, serrant au poignet
Cette paresse, cette présence, une habitude,
Cette vie qui cache la nôtre et que nous n'avons pas connue.

 

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JEAN MALRIEU

 

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MALRIEU