La construction du poème c’est la construction du monde.
Ni des symboles, ni des images, de simples créatures
de l’air, des évidences obscures, des énigmes lumineuses,
les formes du vent, les silences du sommeil.
Les mots sont les battements d’un corps enseveli.

Une source de joie dans le vide sensuel
et concret qui se dessine dans la brume lente.
Lettre à lettre, nous défibrons le cœur du soleil.
Nous voyons dans une tour de vent un arbre ballant.
Nous vivons dans l’inaction de l’ombre maternante.

Peut-être que le poème est un petit fanal
solitaire ou un sortilège blanc, le prodige
qui restaure la verte transparence
d’un monde immobile, ou seulement des fragments
obscurs, une pierre claire, une haleine solaire.

 

 

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ANTONIO RAMOS ROSA

 

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PAUL VERGUEIRO

 

Oeuvre Paul Vergueiro