Le monde, mon ami, n'appartient à personne
Il est échange et changement,
bourrasques et racines
Il frissonne au-dessus des rivières,
libellule irisée
en son vol éphémère
Regarde-le courir sur les plages de l'avenir
et s'effriter
quand tu veux l'attraper
Regarde-le pleurer et rire
Le monde, mon ami, appartient à chacun
Même détresse
Même espoir
Il est le cri des cistes
et la poussière du désert
quand tu rêves d'eau pure
Nous partageons le vent,
avec son goût d'ailleurs,
ses odeurs de jasmin
Nous partageons l'âpre morsure du soleil,
sphinx aveugle,
ou, limpide,
la pureté cruelle des banquises

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COLETTE GIBELIN

 

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gibelin colette