L’homme épelle sa fatigue.
Épelle et soudain
découvre d’étranges majuscules,
inespérément seules,
inespérément hautes.
Qui pèsent plus sur la langue.
Pèsent plus mais échappent
plus vite et c’est à peine
s’il peut les prononcer.
Son cœur se rassemble sur les chemins
où la mort éclate.
Et il découvre, tandis qu’il continue d’épeler,
de plus en plus d’étranges majuscules.
Et une grande peur l’étreint:
se trouver devant un mot
écrit seulement de majuscules
et ne pouvoir alors le prononcer.

 

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ROBERTO  JUARROZ

Poésie verticale I

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anonyme

Oeuvre ?