A L'AMITIE
Bonjour la rue des sottes nuits hivernales
Pavée de mes pas et mes détours maudits
Mes soupirs, mes plaintes et mes râles
Reviennent ombrager tes silences interdits
Vieux drille je suis, assidûment étranger
Tel un Oyat des plages de colères arraché
Obviant vaille que vaille aux vergetures
Et à l'essor guindé des vaudevilles futurs
Du village qui m’a vu naître et les déconvenues
Passant par les cités d’ombres que j'ai connues
Jusqu'à Paris où j'ai chaviré de mes ails d’agami
Étranger là où j'ai été et chanté, là où j'ai dormi.
Partout, je retrouve l'intime et cordiale galère
Teintée de culte comme une rente viagère
Et de quelques stances d'amours accomplies
Non renouvelées mais non vouées à l'oubli
Un autre jour s'est toujours levé nouveau
là où j'ai conjuré la nuit et les profils médiévaux
Dans les champs, dans les geôles horrifiantes
Et dans les tendres bras de mes amantes.
Étranger dans ma maison sans pierres ni tuiles
Etranger urbi et orbi, dans mon livret de famille
Mon chez moi, le vrai, reste le cœur de mes amis.
L’effectif, l'affectif, fermé au tumulte des ennemis.
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DJAFFAR BENMESBAH
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Oeuvre Diego M. Campello