Le temps est dur comme un bourgeon.
 Il chemine sous la peau, cherche son tracé vers le ciel.
 Le temps est nuage qui glisse,
 pluie qui déchaîne et qui burine.
 Le temps nous enchaîne de ses mille fils d’Ariane.
 J’éclaterai le temps.
Je veux exploser et brûler.
J’irai jusqu’au centre du soleil et
je le projetterai en étincelles sur le monde.

....

J’ai peur, tout à coup, de ce qui gronde en moi
 comme un chacal en proie au mal de faim.
J’ai peur de toutes mes faims de vivre,
inassouvies et prêtes à me dévorer.
Je suis la proie de ma propre faim.
 Je meurs de ce manque immense de l’univers :
non désir, non échange, non transparence.
 Je meurs de froid dans le négatif du soleil.
 Il y a pourtant, quelque part, des embrasements,
des mots vibrant comme des violons,
 et des sources où boire à longs traits la lumière.


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COLETTE GIBELIN

 

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Rikka Ayasaki,1

Oeuvre Rikka Ayasaki