...

un oiseau s’est posé aujourd’hui sur tes lèvres,
comme si c’était un infime tremblement de paille
ou de la poussière blanche,

comme si c’était l’haleine d’un songe
ou un charbon de neige,


un oiseau s’est ainsi posé au bord du vide,
au bord de la pensée,

tout au bord du silence,
tout au bord d’un poème entrouvert,



ce qu’on appelle un oiseau, ce n’est pas un oiseau,

c’est un voile avec l’oiseau en dessous,
c’est une prairie avec des insectes minuscules,
de la rosée, du chant d’herbe et un voile au-dessus de tout ça,

et c’est aussi du chant d’oiseau,
si lointain qu’on ne sait pas s’il viendra un jour,

ou s’il restera à chanter au centre
du Nulle part,

au centre d’un poème,



un poème vient en réalité de nulle part

et il ne va nulle part ailleurs
qu’au centre de soi-même,

quelle que soit l’ombre ou la lumière
qui le pousse à devenir un jour
poème


 

  ! DIAMON~11

 

YVES NAMUR

 

 

! DIAMON~11

 

 

Hokuzai Katsushika (1760-1849), Canari et petites pivoines, 1834, estampe nishike-e, Japon, 24

 Oeuvre Hokusai Katsushika