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EMMILA GITANA
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22 décembre 2016

HOMMAGE EN POESIE POUR AGNES SCHNELL

! DIAMON~11! DIAMON~11! DIAMON~11! DIAMON~11! DIAMON~11

 

 Restera-t-il en tes mots
quelque image
qui parlera de ton absence ?
Restera-t-il en tes mots
un peu de l'haleine tiède...
qui leur donna des ailes ?

...

 Mourir ce n'est peut-être qu'une mue
un abandon des boues
une altération de la lumière
et des mots... pour d'autres...

...

Un jour grignoté
sans transparence
chants d'oiseaux perdus
soupirs de la terre submergée
toute la nuit
la pluie a chanté
mille doigts d'eau
ont pénétré mon sommeil...

 

Agnès Schnell

 

 

! DIAMON~11

 

 

De résines et d’ombres (3)
In memoriam Agnès Schnell

 

Es-tu libre
Des ferventes angoisses ?
Vois-tu
Le ciel d’en haut
Comme une page ?
Peux-tu encore prier
Comme le doute
Dans ce qui est
Nos cathédrales ?
Tu n’es plus
Sur la terre
L’arbre ne dit plus
Ton nom
L’air est saturé
De ceux qui sont allés
Pousser la porte
Que nous ignorons

 

© Patrick Chemin
Le 8 décembre de 2016

 

 

! DIAMON~11

 

 

Au-delà de la mer,
disais-tu,
quelles lumières ?
Vers quel destin de pierre et de sable
tourner des visages creusés
par la brûlure d'exister
Le vent tournoie
Le vent fait vibrer l'impossible,
violon pour la soir,
jungle verte dans l'ocre désert...

Au-delà de la mer
comme un mirage à l'infini,
cette terre brûlée
en attente de pluie
Interminable combat des vivants
pour que s'installe une clarté vivace
Lancinante espérance

Dans l'ombre de tes yeux
j'ai vu passer tous les instants du vivre
noires blessures, éclats de soleil,
chemins d'herbes et de poussière
Et tu rayonnais malgré la détresse

Si la mort est au bout du chemin,
qu'elle soit l'estuaire
où la rivière abandonne ses boues
pour entrer, nue, dans l'océan

Au-delà des mers, disais-tu,
Quelles sources nouvelles ?

 

Colette Gibelin

 

 

! DIAMON~11

 

 

Pourquoi le mystère de la mort
Nous est-il apparu si simple en ta présence

Pourquoi l'automne a-t-il cette douceur
Pourquoi même les animaux de l'arche sont complices
Pourquoi de très loin l'univers nous fait signe
Pourquoi le ciel nous couvre de caresses
Pourquoi la terre nous prend-elle sur son sein

Pourquoi en ce verger
Serions-nous restés des heures encore
À contempler les fruits de ton amour
Pourquoi avons-nous franchi émerveillés
Chaque arpent de ces vendanges tardives

Pourquoi partout dans les auberges
Avec toi ce rendez-vous des pauvres
Pourquoi ces mains tendues
Ces cœurs brûlants
Ce bon pain de l’amour partagé

Pourquoi partout ce goût d'exode
Et cette joie sans reste
Et toutes ces semences
Pourquoi la moisson délivrée
Et la simple assurance d'une mission désormais sans soucis

Pourquoi entre tes bras ce souffle d'infinie gratitude
Ce léger toucher du divin
Ce chant silencieux de reconnaissance
Pourquoi plus haute que notre douleur
La douce lumière persistante sur la rétine de nos cœurs

Pourquoi en nous cette dilatation de l'âme
Pourquoi ce lâcher des peurs
Cet espace sans limites
Cet envol de ballons
Dans l'arc-en-ciel de nos enfances

Pourquoi ce soulèvement d'archets
La danse des papillons
Le ballet des colombes
Pourquoi la certitude d'un printemps à venir
Pourquoi ces rameaux d'olivier
Abandonnés par l'oiseau au seuil de nos demeures

Pourquoi entre nous la vie donnée
La grande Vie déjà là déployée
Pourquoi le jour sans fin
Et sur le rebord de l’instant
Les pas confiants de l'aube attentive

Pourquoi ce sourire qui ne nous quitte pas
Ce soleil déposé comme un fruit mur
Dans la paume ouverte de chaque matin ?

 

Jean Lavoué

 

 

! DIAMON~11

 

 

Périodiquement,
il faut faire l’appel des choses,
vérifier une fois de plus leur présence.
Il faut savoir
si les arbres sont encore là,
si les oiseaux et les fleurs
poursuivent leur invraisemblable tournoi,
si les clartés cachées
continuent de pourvoir la racine de la lumière,
si les voisins de l’homme
se souviennent encore de l’homme,
si dieu a cédé
son espace à un remplacement,
si ton nom est ton nom
ou déjà le mien,
si l’homme a terminé son apprentissage
de se voir de l’extérieur.

Et en faisant l’appel
il s’agit de ne pas se tromper :
aucune chose ne peut en nommer une autre.
Rien ne doit remplacer ce qui est absent.

 

Roberto Juarroz

" De la présence des arbres ? "

 

! DIAMON~11

 
 
Pour Agnès Schnell

Celle qui s’en va
Porte à l’avant du corps
Un verbe nouveau
Qui épuise les étoiles
Tient dans sa main
Ce qu’elle devait écrire
Plus tard
L’absence est soudaine
Feu de givre
L’étonnement
Puis la peine

 

© Patrick Chemin (2016)
Extrait du livre
« Les petites gares et le verger »

 

 

! DIAMON~11

 

 

Au-delà des limites de la vie, il y a toujours une vie nouvelle
Dont les frontières sont inconnues.
Au-delà des jours sans souvenirs
Il y a toujours une condition d’un autre domaine
Il y a toujours un air plus vif, un ciel plus clair
Une aspiration immense dont tu ne te savais pas capable,
Une rupture

Elle engendre une naissance émerveillée.

 

Pierre Seghers

 

 

! DIAMON~11

 

 

À quel endroit de ce monde maintenant
Pourrait-on rencontrer ton visage
Ton visage et ton corps
Avec son passé qui fut vivant ?
Ce que j’entends
C’est le seul bruit des mots
Donnés comme l’épaisseur noire du monde, et restant
Dans l’inconnu
De ce qui fut portant visible et vivant ?



James Sacré

 

 

! DIAMON~11

 

 


Où va le souffle après ? Où vont les mots ?

Belle histoire la terre qui rejoint le ciel
Croire dépasse le réel

Quels signes dans les spectres évanescents des nuages ?
Quelles paroles en l’air ?

Les yeux blessés par chaque deuil coagulé
Sillons profonds des ans retenus contre soi
Précipices sans bord

Résistent tout au fond blancheur aiguë du sable
Ces moments où s’impose l’amour tellement
Qu’on se croit éternel
Accordé au monde

 

Mireille Fargier-Caruso

 

 

! DIAMON~11

 

 

J’avance sans filet
d’une étoile à l’autre
glissant à travers les trous noirs
je saute de lunes en soleils

Je me balance aux bords
de la terre
déjà je ne lui appartiens plus

Parce que ce poème est un mensonge
il a le droit d’être beau

 

Anise Koltz

" Le porteur d'ombre "

 

! DIAMON~11

 

 

C'est presque l'invisible qui luit
au-dessus de la pente ailée ;
il reste un peu d'une claire nuit
à ce jour en argent mêlée.

Vois, la lumière ne pèse point
sur ces obéissants contours
et, là-bas, ces hameaux, d'être loin,
quelqu'un les console toujours."

 



Rainer Maria Rilke

" Les quatrains valaisans "

 

 

! DIAMON~11

 

 

Sur le soupir de l'amie
toute la nuit se soulève,
une caresse brève
parcourt le ciel ébloui.

C'est comme si dans l'univers
une force élémentaire
redevenait la mère
de tout amour qui se perd.

Rainer Maria Rilke

 

 

! DIAMON~11

 

 

Ce corps de glaise,
pesant, lié au sol,
tiré vers l’invincible nuit,

ce corps où l’esprit veille
comme l’oiseau, dans la charpente de ténèbres,
la cage d’os qu’un sang paisible éclaire,

en songe une musique le saisit,
l’allège et le dénoue de la terre charnelle.

l’aile promise, triomphale, déploie
ses plumes frémissantes.

Il se retourne
et la rosée l’aspire.

Les yeux fermés,
rêvons que dans le froid
s’élève librement notre corps de lumière.

Et le voici alors dissous dans la lumière,
dépossédé du sang
et du grand livre intime que feuillette
un vent de glace, éparpillant l’histoire.

Il n’y a plus ni songe ni mémoire
de la terre embrassée,
arbre et femme mêlés
d’amour et de douleur.

Et le jardin des mots
qui fleurissait jadis,
un âpre gel le brûle.

L’éternité bâille comme un désert
de sable pur, sans maître ni veilleur.

Désert,
renonce à ton désir en rêve d’une pluie

et d’une fleur alors qui ne fût fleur
mystique et couronnée
dans cette enceinte vierge du désert.

Que la pluie et la fleur ne soient plus que le songe
d’un jardin étranger
qu’irriguent l’eau et le sang de l’exil.

Seule beauté du roc :
sable, ciel et silence,
sans rien qui te détourne du regard des étoiles.

 

Jean Joubert

" Regard des étoiles "

 

 

! DIAMON~11

 

.

Coupé du ciel, des racines, de l'espoir, le passage aura-t-il été inférieur ? L'osmose, les traverses, la souffrance, la paix, la direction, pourquoi, comment, où ? Et que devient l'amour quand la matière meurt ? Un quant à soi opaque resserre les murs. Temps mal ajusté qui plombe l'instant et finit en eau. Quelque part, un jardin, sa patience, l'attention d'un chien jaune, les jours où l'on chuchote pour ne rien déranger, une virevolte de neige sur les crevasses d'hiver, des baies rouges pour le lièvre blanc, la rivière suspendue en brisures, la voix du clocher à l'oreille du paysage, un rêve d'ange dans une aile d'oiseau, les brimborions festifs des vieilles vignes. Quand le gel embrasse le ruisseau sur la bouche et que se tait le cri, revient en mémoire une géodésie des sèves plus sûre que les chemins d'homme.

 

Ile Eniger

 

.

! DIAMON~11

 

 

 ...

La nuit vient pour mourir

tout comme nous.

Sur un disque irisé

nos traces gravées

disent nos racines

celles des jours

où la pluie était magicienne

et notre vie

amour illimité. "

 

Agnès Schnell

 

 ! DIAMON~11 ! DIAMON~11! DIAMON~11 ! DIAMON~11 ! DIAMON~11

 .

Commentaires
U
Chère Emmila, merci pour cet hommage, qui touche le coeur, émotion simple des mots de l'air qui entrent dans le corps par nos yeux, dans un vertige de présence. Vous savez que j'aime la poésie d'Agnès Schnell, et je ne puis en rien dire, sauf une grande salutation qui me dépasse.<br /> <br /> Je vous souhaite de belles fêtes de Noël, et comme l'air que nous respirons je vous embrasse chaleureusement. Bien à vous.
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EMMILA GITANA
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