J’ai donné mes chaussures au voyageur qui traversait ma vie, s’attardant à la bouche des fées, à l’immobile silence des mots. J’ai donné mes muscles à l’athlète des cimes, mes gants aux forges brisées de toutes mes entrailles, ma patience au trop lent contre-courant de mes torrents. J’ai offert mon mouchoir de rires à des inconnus sur le quai de mes gares, mon bras au vieillard dans l’escalier de mes rêves, ma bienveillance à l’enfant humilié que je fus. Je suis aujourd’hui le plus riche des hommes et la nuque tendue vers le ciel, j’attends la pluie noire du temps, plus serein que la source qui ne connaîtra jamais la mer où ses eaux descendent.

 

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BRUNO RUIZ

2017

 https://brunoruiz.wordpress.com

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veronique scaviner,

Oeuvre ?