De la perte.

Et d’une perte telle
qu’elle pille l’esprit – jusqu’à la perte même

de l’esprit.

Commencer avec cette pensée : sans rime

ni raison.

Et puis simplement attendre. Comme si le premier mot
venait seulement après le dernier, après une vie
d’attente du mot qui était perdu.

Ne pas dire plus
que la stricte vérité : les hommes meurent, le monde déçoit,
les mots n’ont aucun sens.

Et par conséquent ne rien demander
que les mots.

Mur de pierre. Coeur de pierre. Chair et sang.

Autant que tout ceci.
Plus.

 

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PAUL AUSTER

Traduction Françoise de Laroque

 

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thami3

Photographie Thami Benkirane

https://benkiranet.aminus3.com/