Je sais tant la fugacité des choses tant les gestes labiles

Et je m'étonne encore pourtant de ce long ricochet rayé

Des vagues quand elle apprivoisent le sable Je ne suis

Qu'un écho infiniment relayé de ceux dont les vieux os

Poudroient sous la terre dont les cheveux les ongles oui

Vous savez cette histoire infinie comment ne pas croire

Un instant que la mer cette si vieille frissonnante avoue

Elle aussi elle en a cherché des cailloux blancs ou bleus

Pour envelopper les rochers des épaules ces îles et celle

Qu'on voulait porter au silence parce qu'elle est comme

Ces fleurs de bougainvillées qu'on disposait sur notre lit

Qui nous rappelaient combien le temps est une danse qu'

On ne conduit pas qui nous entraîne enivre nous chavire

Et nous jette un matin un soir les doigts sales sur le pont

D'un navire qui s'en va comme nos cheveux pousseront

 

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ALAIN DUAULT

 

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