Un matin bruissant
froissé
de bruits sourds
de voix contenues
un matin chagrin s’il n’y avait
cette ferveur inavouée
récurrente
ce chant au loin palpitant.


Le nom imprononçable
s’est replié avec la nuit
comme une carapace vide
une cuirasse d’insecte
craquant sous nos pas.
Le nom s’est pulvérisé
sur nos lèvres impatientes.
Reste le souffle
l’élan qui nous porta.


Aller au plus saillant
de notre légende
aller jusqu’à l’ardeur
blessante
et chercher chercher
ranimer l’éparpillé
aller au-delà de la voix aimée
dans l’absence
marquetée d’obscur.



Aller
de courbes en sinuosités
hésitante repentante
alourdie de l’inaccompli
ces rêves embryons
qu’on a étouffés par convenances.


Lente glissade vers le jour.


Dans nos mains fermées
cette part nocturne
et secrète
ce moi de femme occulté.
Dans nos mains fermées
l’offrande
aux crêtes frémissantes.


Prière en haillons
un cœur bat sans mesure
en désaccord
avec la pensée.
La voix en excès
était saccades et lourdeurs
la voix s’est fêlée
sans reprises sans écho
une brèche vers le silence


Parole tendue
du chercheur de l'étrange.
En sa folie vaine
le fouilleur n’est plus abusé
par les mots en cendres.

En partage enfin
le chant…


En partage dis-tu ?
Arrache d’abord lichens
et carcans
cocons mal tissés et tous ces mots
de travers
que tu mis dans ma gorge.
Arrache les baillons
que tu forças contre ma bouche
épargne-moi tes palinodies.
Dans mes rêves tâtonnants
j’avais touché la ligne
chimérique
où je m’abandonnais.
Laisse-moi m’éloigner
dans l’été…

Partager, dis-tu ?

 

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AGNES SCHNELL

 

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silence