Comme l’herbe qui pousse entre les jointures des rochers,

On s’est rencontré un jour tels deux étrangers… 

Le ciel printanier composait l’étoile après l’étoile.

Et moi, je composais une strophe d’amour

Pour tes yeux… Et je l’ai chantée !

 

Tes yeux, savent- ils que j’ai longuement attendu

Comme l’été qui a attendu un oiseau

Et que j’ai dormi comme l’émigrant

Ayant un œil fermé tandis que l’autre demeure éveillé

A pleurer sa sœur… ?

Amoureux, nous sommes

Jusqu’à ce que s’endorme la lune.

Nous, nous savons que les étreintes et les baisers

Sont la nourriture des nuits d’amour

Et que le matin appelle mes pas à poursuivre

La  route pour encore un nouveau jour !

 

Amis, nous sommes… Marche, donc, près de moi main dans la main

Ensemble… nous ferons le pain et les chansons !

Pourquoi  demander à ce chemin…  où il nous mène…

Et comment il a cicatrisé nos pieds ?

Mon destin et le tien... C’est d’aller

 Ensemble  pour l’éternité !

Pourquoi chercher  les tristes élégies dans un recueil ancien?

Et pourquoi nous demander : O ! Amour vas- tu durer ?

Je t’aime…

De l’amour des caravanes pour l’oasis d’herbes et d’eau

Et de l’amour du pauvre pour le pain !

 

Comme l’herbe qui pousse entre les jointures des rochers

On s’est rencontré un jour tels deux étrangers… 

Et nous resterons des camarades  pour toujours…

 

 .

 

 MAHMOUD DARWICH

 

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