Paris des braseros, Paris des barricades,
Paris qui s’émerveille au bout de la journée
Quand l’amour fatigué des rideaux de cretonne
Respire à la fenêtre un air de liberté,
Paris qui ne dort pas quand le monde sommeille,
Paris naît de Paris dans son décor de suie.

Sous le vieux ciel rayé par le vent des émeutes,
Son grand bûcher troué de rires et de perles
Eclaire le sommeil paisible des amants.

Les objets oubliés au fond de la campagne,
Après le long travail des saisons de soleil,
Viennent toucher le coeur endormi de l’enfance,
Le bras des voyageurs étendus dans la nuit
Au pied du mur doré des avoines poudreuses.

En plein vent, la tête et les mains dans le silence,
Paris respire à peine et replie doucement
Sa songerie et ses longues jambes de pierre.

Alouette ou caille, on ignore le nom
De son bonheur, de ses soupirs, de ses fantômes,
Des boucles de la Seine entre les cils humides
Du matin, scintillante et fiancée au monde.

Mais je connais le bruit de son coeur de cristal
Et lis son nom parmi les étoiles mourantes.

L’été couvert d’oiseaux dans la force de l’âge,
L’été, les cheveux pleins de brindilles de feu
S’arrête sur Paris et se mouille les lèvres
Sur Paris qui écoute et rêve de bonheur.

 

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ALBERT AYGUESPARSE

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