Nous reposons nos vies sur de vastes prairies de soucis et de pensées, peuplées de papillons et de fourmis, de colombes et de renards, et inlassablement, nous sarclons les yeux des morts qui nous regardent du fond de la terre, comme s’ils étaient témoins de je ne sais quel mystère que nous leur aurions caché. Car nous sommes une magie de leurs limites, un peu de vent dans la bâche de leurs légendes, un cheval égaré au milieu de leurs ruines. Et toutes ces feuilles qui tombent d’arbres inventés, elles sont le ferment et le terreau des grandes moissons de l’homme sous la voie lactée de quelques inaccessibles galaxies d’où l’on entend d’ici des veilleurs attablés dans le ciel cogner leur verres aux grandes retrouvailles des anciens vivants.

 

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BRUNO RUIZ

 

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juan romero

Oeuvre Juan Romero