Voici l'arbre
royal et solitaire
en son ultime déploiement
de fin du jour

Le vent qui le traverse
y fait trembler les yeux
d'une lumière de larmes

L'été s'y jette à corps perdu
l'été rayonne comme un paon
Et l'arbre dit que tant de ciel
sans pesanteur
ne saurait être que
l'analogie de Dieu

Je caresse son écorce
Sous mes doigts une fourmilière
charrie sa crasse de cadavres

A mes pieds une pie ouverte
laisse voir son cœur
noir et racorni

Et l'arbre dit que nous sommes les frères
du rat de la mouche de l'hyène du scorpion

Vienne la nuit qui n'est parfois
que la lente montée d'une eau sans transparence
A marée haute on y peut voir
des essaims d'étoiles se greffer aux branches

Et l'arbre dit qu'il n' a plus rien à dire
qu'il n'est plus temps
et que c'est à l'oiseau posé depuis longtemps
sur la plus large la plus ancienne de ses épaules
d'avoir réponse à tout

L'oiseau
nul ne l'a jamais vu
A peine connaît-on de lui que les trois notes
d'un S.O.S. intarissable

L'arbre se tait
On dit qu'il souffre de son âme

 

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SERGE WELLENS

 

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