Tout est si permanent
Tout semble volubile
C’est à peine si l’on pressent
Sur le Sillon évanescent
L’oisellement bleu de la ville
Ô que personne ne gémisse
Ô que nulle âme ne périsse
À moins de mille années d’ici
Que sur le front de marée glisse
À la manière d’un calice
Un fier haleur aux yeux d’oubli
Voici le ferry de Portsmouth
Qui s’éloigne sur ses feutrines
Avec son front d’amareyeur
Et son giron de popeline
Voici le ferry de Portsmouth
Tel un mirage aux yeux de bruine
Ô que personne ne flétrisse
Ô que nulle âme ne trahisse
À moins de mille années d’ici
Que sur le front de mer ne passe
À la manière d’un rapace
Un fier haleur aux yeux de nuit
Voici l’hôtel du bout du monde
Dont tu me parlais l’autre soir
Voici l’hôtel du bout du monde
Entre Rochebonne et Dinard
Tout est si permanent
Tout est si volubile
Nous n’avons d’yeux que pour les îles
Qui voient partir vers l’Angleterre
Un oiseau-lyre aux yeux de mer
C’est à peine si l’on pressent
Sur le Sillon luminescent
L’oisellement bleu de la ville
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SYLVIE MEHEUT
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Elisabeth Celton Bazin, la-plage-du-prieure-dinard

Oeuvre Elisabeth Celton Bazin

" La plage du Prieuré " à Dinard