Je me sens sur cette charnière de l’être entre vie et mort, entre un soleil qui se meurt et un autre dont le lever est confisqué, entre deux planètes, deux humanités qui se tournent le dos, deux langues qui se parlent tellement dans ma bouche qu’elles me font bégayer, entre folie d’espoir et retour de bâton du désespoir. Que d’entre ! Mais tout cela donne un être vivant, pas plus. Le fait d’être sur une charnière me rend attirantes toutes les autres et me met sur leur chemin. Car, de par le monde, il n’y a pas que l’Orient et l’Occident. Tant de continents humains manquent à notre plénitude .

 

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ABDELLATIF LAÂBI

 

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laâbi