Pourtant, il y a de la douceur,
la façon comme un sourire en avril
que le prunus et le cerisier ont d’éclore ;

à des carrefours, la marche suspendue
le temps qu’on hésite, et le corps
qui prend avec grâce une pause inconnue ;

le rythme plus lent sur lequel se prononce
une amie, comme pour nous laisser le temps
de nous installer dans une parole partagée ;

et cette place qu’on s’accorde aussi
en aimant en secret, destinant des pensées
que l’on sait pouvoir être reçues.

Il ne suffit pas que l’âme soit effleurée
mais on peut sans doute aller, sans frémir,
avec l’air, la voix, les corps, l’absence même
et la nature inventive pour alliés.

 

 

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JUDITH CHAVANNE

 

 

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judith