Merci Umar...
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L'être n'est pas en quête de vérité mais d'une consolation. Il croit désirer la vérité mais, inscrit dans la subjectivité de sa chair, il ne peut y accéder. Ce n'est pas pour autant que la vérité absolue n'existe pas, que tout relève d'une opinion, mais qu'on ne peut la cerner. Sinon sous une forme mystique, dans la plénitude de la lumière du divin, mais le partage de l'ineffable, s'il existe seulement, est impossible. La consolation est cette ivresse qui nous permet d'oublier notre destin commun, la fragilité de nos vies, la certitude de la mort et nos âmes assaillies par toutes les tragédies possibles. Il nous arrive d'envier les autres, nous imaginons des vies plus complètes, plus cohérentes mais tous les humains, quels qu'ils soient, font face à la même absence. Et cette consolation est tout sauf rationnelle, elle se pare des manifestes de la raison mais elle est avant tout une émotion, - vive, excessive, comme une plaie qu'on ne peut refermer -, s'accrocher à quelque chose, qu'importe ce qu'elle est, qu'elle nous donne le sentiment d'appartenir, le sentiment du sens, qu'elle nous dise que la vie mérite d'être vécue alors que tout conspire à nous détruire. L'être a besoin de racines et sa méprise est sans doute de croire que celles qu'il choisit sont les racines exclusives du sens alors qu’elles sont la consolation à l'absence de sens. Est-ce à dire que toutes les consolations se valent ? Pas nécessairement. Certaines consolations sont généreuses et emplies de compassion, d'autres le sont moins, d'autres encore génèrent la haine et la violence. Il s’agit de choisir donc. Oublier les fanatismes de la certitude. Etre humble face à nos impasses. Choisir ce qui rend l'humain plus humain. Ainsi se consoler de la mort. Et savoir que cette consolation est peut-être l’unique sens possible à notre existence.
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UMAR TIMOL
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Bahram Dabiri

Oeuvre Bahram Dabiri