Van Gogh a peint ce soleil qui répand
son soufre sur les jardins de l'arthrose

Comment en verrions-nous la lumière aveuglante

Mais nous savons que c'est ici
à des fractures mal scellées
à des divorces de jointures
à de froides incandescences

Il m'arrive l'image noire
de buissons retournant contre eux-mêmes
leurs épines

greffes de la folie

Les oiseaux ne se posent pas
ils s'accrochent
à quelque défaut de paroi
à quelque frottement
de branches contrefaites
ils ne jouent de la flûte ni du violon
mais du bec
cela fait
un bruit d'horloge
inconsolable

Il m'arrive la rumeur
de racines forant
la calamine et le cambouis
comme des doigts de sculpteur fou
d'équarisseur

et le feu prend figure
d'un geste qui délie des gerbes de vipère
d'un mouvement qui fait
jaillir des roses de scorpions

sommeil cardé par
de rugueuses vertèbres
survol vertical
de lignes à haute tension

une épeire y dessine
sans fin mon labyrinthe

 

 

Cependant
il m'arrive
d'apercevoir l'estuaire
au-dessus des jardins

Ce peut être du gris en son épuisement
lavé au bleu de la Genèse
et peut être un corbeau
désemparé plongeant
dans le touffu d'un vol de mouettes

c'est l'estuaire

l'estuaire

au-delà se tient
l'au-delà de tout

Je n'habiterai pas toujours l'hiver du temps
à l'insu de ce corps mal devenu
les eaux profondes
élèvent leur lumière de psaume
jusqu'au-dessus des cieux

Gloire sans épaisseur
ô souveraine apesanteur de la grâce

Je suis en ces jardins
et je suis ces jardins

Je m'éloigne
j'avance.

 

 

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SERGE WELLENS

 

 

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Bahram Dabiri

Oeuvre Bahram Dabiri