Vent dans les marronniers.
A faire éclater les bogues – piquants, duvet.
Artaud se brisant sous l’électro-choc,
comme si pour chier du sang par le nombril
il avait dû passer au gril à fond.
Qui n’est en traitement chez La Mort,
la servante Perséphone ?
Qui ne rayonne de tout
ce qu’il a fait sortir de
son accordéon de roc rouillé ?
Quand nous rentrons en nous-mêmes,
les ratures font d’étranges nourrissons.
Les traces forment des entrelacs – fugue fœtale
à la Giacometti, langes de retraits et de recommencements.
Le fait d’écrire suit-il un sillon
capable d’écorcer l’esprit premier ?
Car c’est ma tâche, semble-t-il – briser la bogue
et me découvrir dans la caverne de la tête,
là où dedans a cessé d’être de côté
et tire sa noblesse de là :
roc est continuité,
sur lui je ferai naviguer mon doigt.
Crâne devient caverne une fois la cervelle consommée.
Homme est crâne une fois la caverne délaissée.
Qu’est-ce qui était consommé à Lascaux ?
Non – ce qu’était Lascaux est maintenant consommé.
Comme si le boeuf n’était pas encore mangé,
comme si les volontés d’Hadès se lisaient ainsi :
avant d’avoir un titre à mon héritage,
il te faudra manger tous mes cadavres.

 

 

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CLAYTON ESHLEMAN
traduit de l’américain par Auxeméry © L’extrême contemporain, Belin

 

 

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Roberto Concha