Ouvrir. De bras et de pupilles. D’accueil et d’éveil. De connu et d’inconnu. Sans clôture sur ce qui suit et précède. Ouvrir maisons, caveaux, enclos, barrières, étables, poulaillers. Ouvrir au loup, au chamois, à la poule, à tout ce qui trotte, galope, tournoie, se faufile, musarde afin qu’aucun pas ne mesure la marche. Ouvrir à ce qui fuit ou surgit, visible et invisible affranchis de possible et d’impossible. À tout ce qui, dehors comme dedans, s’élance, s’apeure, se terre, bondit. Et que s’engouffre ce qui dévore, piétine ou picore, nettoyant l’intime de sa poussière. Ouvrir au tourniquet des visages, à la bonne aventure, à l’épopée du savoir, aux contes à pétrifier les ruisseaux, aux quanta de la connaissance, à tout ce qui multiplie la surface simple et laisse attablées ensemble fables et certitudes. Franchir corridors, tunnels et arcades à leurs deux embouts, silence et parole abouchés à la même nuit.

 

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CLAUDE BER

 

 

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