Je méprise les hommes et les femmes lurons en présentation d'armes chaque matin devant les drapeaux et qui marchent en rangs, mâtinés et trémoussant dans le pas cadencé comme des figurines de parades. Je crache sur la face des hominidés imperméables à tout ramage et gazouillis d’oiseaux, les dictateurs par passion qui ont commercé le blanc-seing des jours à venir afin de grimacer d’extase, d’un œil rétif, devant le supplice des peuples séquestrés dans l’abîme de leurs girons. Je me moque des prieurs que l’on appelle fidèles, ces déplaisants fripons et obtus dépourvus d’humanité et emplis de goujateries et qui dandinent dans les mosquées, églises et synagogues comme dans un champ de tir où la cible a forcément une forme féminine. Je maudis les imposteurs galopins qui se targuent allègrement de leur talent pour négocier des hymnes à la guerre. Je rejette la chorale télévisée à l'assaut des enfants, arguant le rôle de la religion et des armées dans l'édification des États.

Comme le loup solitaire et furibond
Exhibant ses crocs sonores et menaçants
À qui tend l'adapter aux sangles
Du collier ou du harnais
Apanage de la bête de somme et du chien
Je défie l'autorité
Les uniformes aux épaulettes nues
Ornées de galons ou étoilées
De m’arrêter pour la civilité
de posséder un quelconque papier
Que l'ordre établi
Appelle titre de transport
Carte d'Identité ou passeport…

 

 

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DJAFFAR BENMESBAH

 

 

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djaffar