Je ne sentirai plus
Sous mes pieds la Terre qui tremble et se rebelle
Voulant
Cesser d’être ronde
Ni mes côtes s’ouvrir devenues la carène d’un coraque
Ou de la felouque où s’allonge le batelier
Pour enlacer sa belle lorsque le Nil devient
Fleuve de sang et de boue
Je ne caresserai plus
Ni les joncs de la rive et l’odeur de l’eau
Ni rien qui soit vivant ni les déserts ni l’écume
Ni la cime des arbres et les bras des statues
Y sentant le frisson de la pierre qui prie sa délivrance
Je regarderai
Cachée,
La main qui écrivait «Souviens-toi de mes mains »,
Et ne se souvient plus.

 

 

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ALEXO XENIDIS

 

 

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Katia Chausheva Photography